"Histoires de l'album par ses créateurs..."

L'Université d'été de l'image pour la jeunesse

Les 26 et 27 juin 2008

 
 
 
 
HISTOIRE de l'ALBUM



 

L'ALBUM des ANNÉES
1950 à 1990

Panorama de l’évolution de l’album des années 1950 à 1990.

Les années 1950 marquent un tournant dans l’histoire de l’album. A partir de cette seconde moitié du XXème siècle, de nombreuses maisons d’édition, bénéficiant d’une liberté de création et d’expression voient le jour, le plus souvent sans lien avec le monde scolaire. Ce renouveau éditorial et créatif marque une étape significative tant au niveau de l’aspect visuel de l’album que dans ses contenus.

Les Editions Delpire

Ainsi les éditions Delpire se créent en 1950, sous l’impulsion de RobertDelpire,éditeur d’art qui développe un studio de publicité avec les grands noms de l’illustration, tel Alain Le Foll, George Lemoine, André François. Ses publications, LesLarmes de crocodile en 1956 ou Max et les Maximonstres en 1967, sont aujourd’hui des classiques incontournables dans l’histoire de l’édition.

Ce renouveau est lié en partie à l’influence du Push Pin Studio crée aux Etats-Unis par Milton Glaser avec Reynald Ruffin et Seymour Chwast en 1954. En laissant une place prépondérante aux illustrations, il développe un graphisme esthétisant et expérimente de nouvelles techniques dont l’ambition artistique vise la communication. Leur but : que l’illustration s’émancipe vis-à-vis du texte, elle dispose alors de son propre pouvoir.

Harlin Quist et Ruy-Vidal

Ce renouveau esthétique initié par le Push Pin Studio trouve des adeptes en France à partir de 1966. Au début des années 1970, par exemple, François Ruy-Vidal et Harlin Quist vont s’engager dans cette voie expérimentale accompagnés de Nicole Claveloux, Henri Galeron, Étienne Delessert ou encore Patrick Couratin.
Ce nouveau « style » marque une rupture avec la fonctionnalité pédagogique des images revendiquée par exemple au Père Castor.

En 1963, Harlin Quist commence à éditer aux Etats-Unis. Dix premiers albums paraitront en France en 1967. Influencé par le surréalisme, leur style surprend et fait scandale.

L’Ecole des Loisirs

Dès 1965, Jean Fabre et Arthur Hubschmid, tous deux issus de l’édition scolaire, vont également œuvrer à ce renouveau de l’album en modifiant l’image de marque du livre pour enfants dans l’opinion publique, avec L’École des Loisirs. La fonction pédagogique n’est plus la seule honorable, ils se donnent pour objet de « créer du bien être » pour l’enfant grâce à l’album. La recherche dans le domaine de l’articulation du texte et de l’image va aboutir à un renouveau créatif et la découverte ou l’épanouissement d’auteurs tel Tomi Ungerer, Claude Ponti, Philippe Corentin ou encore Grégoire Solotareff.

 


Gallimard

En 1972, se crée le département jeunesse aux éditions Gallimard. Pierre Marchand et Jean-Olivier Héron, les fondateurs, font appel à Nicole Claveloux, Étienne Delessert, Claude Lapointe, Georges Lemoine, etc. Avec des collections comme « Enfantimages », ils proposent des albums aux images de qualité, empreintes de poésie.

Les années 1970 - 1980 voient la naissance de nombreuses petites maisons d’édition, plus ou moins éphémères. Cette explosion favorise l’exploration de nouvelles formes. Le recours à la photographie, les albums sans texte, - les structures non narratives, développées, par exemple dans les albums du « Sourire Qui Mord »,  l’alliance poétique du texte et des images présente dans les albums d’ « Ipomée » - marquent une recherche et l’exploration de nouvelles voies pour la littérature de jeunesse.
Des maisons d’édition telles La Noria, Ipomée, Des Femmes, Le Sourire Qui Mord, Le Sorbier, Grandir, Syros, Duculot, Nord-Sud, La Farandole, etc. peuvent être considérées comme de véritables laboratoires de création voire de recherche.

A partir des années 1990, on observe à nouveau des démarches éditoriales novatrices en même temps que la création de nouvelles maisons d’édition : Le Rouergue, Bilboquet, Rue du Monde, le secteur jeunesse du Seuil. Le langage visuel est favorisé. Le message linguistique s’adapte aux représentations plastiques, et non plus l’inverse.
Cette volonté de se rapprocher encore plus de la création artistique contemporaine se fait également ressentir dans la petite édition - MéMo, la Compagnie Créative, QuiQuandQuoi, Esperluète, L’Atelier du poisson soluble - etc. 

A partir des années 1950, on observe donc la coexistence de deux tendances parallèles mais bien distinctes dans leur approche. L’une favorise et privilégie la pédagogie de l’image et sa fonction didactique, s’inscrivant ainsi dans la continuité de l’avant 1950 (Paul Foucher et le Père Castor). L’autre, de Delpire au Rouergue s’efforce de repousser les limites avec la complicité de la création artistique contemporaine. S’opère alors un changement dans les mentalités et dans la représentation de la littérature de jeunesse, jusqu’ici uniquement réservée aux enfants et maintenant terrain de jeux pour les adultes...

 

 

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Dernière mise à jour du site le 02/07/2008

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